A Leuze, que du bon, du bonnet, du bonheur..

Valéria a eu une drôle d'idée: 
à l'aide de l'art contempo­rain,
faire de la fierté des leuzois
un outil d'avenir. Une histoire
pas si cousue de fil de blanc...
> Yvan Scoys – Le Ligueur -
'' Tu n'as pas connu Leuze avant, quand la région était riche de ses industries textiles, ses ouvrières et ses bonneteries. Mais à présent, tout est fini". Valéria Nagy a sou­vent entendu ce refrain. '' Depuis que je vis à Leuze-en-Hainaut, raconte Valéria, les seuls échanges que j'avais avec les gens d'ici évo­quaient bien souvent le passé. Aussi, j'ai eu envie de contribuer à réinstaller une nouvelle dynamique. Afin que les gens soient fiers de leur passé mais tournés vers l'ave­nir". Mais pas n'importe comment: d'origine hongroise, cette mère de trois enfants qui parlent cinq langues est une artiste évo­luant dans le domaine de l'art contempo­rain. Le mode d'expression, sorte de fil conducteur de son projet, était tout trouvé. Encore faut-il dénicher les partenaires... et les convaincre.

Selon Valéria, en 1930, Leuze comptait quelque 150 bonneteries. "Aujourd'hui, il n'en reste plus que deux. j'aimerais utiliser l'ancienne bonneterie Dujardin pour y mon­ter une exposition d'art contemporain. L'intérieur du site désaffecté pourrait être ré­nové. Si j'obtiens l'accord de la commune, cela pourrait se faire du ter juin 2004 à la mi-septembre 2005. Durant tout ce temps, ce lieu accueillera des manifestations cultu­relles: une exposition pendant trois mois, des stages, des animations autour des gens de la région. Bien sûr, je ne ferai pas ça toute seule. Un ancien enseignant présentera un travail sur les termes liés à l'histoire de la ré­gion. Films et documentaires seront réalisés. Des mémoires de la section 'communica­tions' de la Haute Ecole voisine, autour du su­jet, sont également en cours
.

Tous ensemble, nous allons tenter de préparer le passage entre le passé et l'avenir. Toutes les formes d'expression seront utilisées pour parler des choses qui changent, et des gens: vidéo, photo, ombre et lumière, son, céramique, textile, langage... Nous aimerions montrer un avant-goût de ce que l'on pourrait faire dans cet espace qu'est la bonneterie."
Le conseil communal doit encore se pro­noncer sur l'aide à apporter au projet de Valéria Nagy. "Aide financière, accord de principe, occupation de l'ancienne bonnete­rie, j'attends. Tout comme la Fondation Roi Baudouin qui a accepté de nous subsidier avec une somme équivalente à celle inves­tie ou trouvée par ailleurs. Nous comptons également sur le mécénat. Nous avons le soutien de l'Agence culturelle du Hainaut Occidental et du Centre du Hainaut Occidental pour la qualité. Mais notre pre­mier partenaire, c'est la population locale. Je rencontre des gens depuis deux ans. je vois qu'ils s'ouvrent dès qu'ils peuvent par­ler du textile".
Mais comment cette interprète de métier, artiste de formation (Beaux-Arts de Tournai), qui expose pour le moment à l'institut Supérieur de Langage Plastique (titre de l'expo: Contra) en est arrivée à imaginer ce rêve fou qui pourrait devenir réalité? "Cela fait des années que j'avais envie de tra­vailler la céramique, la porcelaine autour du thème des bobines. Les bobineuses, c'est le même mot pour les machines et les femmes qui travaillaient. ll y a une vocation de femme et d'enfant derrière cela. je pensais à quelque chose qui parlait de moi mais, en fait, ce sont des autres dont je voulais parler."
 
 
Vous pouvez contacter Valéria Nagy pare-mail: vatahari@yahoo.fr.

Extrait d'un article paru dans "Le Ligueur" - Auteur :  Yvan Scoys



 
La Balade Bonnetière est une initiative soutenue par Le Service de l’Education Permanente du Ministère de la Culture de la Communauté Française de Belgique, Les Journées du Patrimoine de la Région Wallonne, L'A.S.B.L Prométhéa, Dherte S.A., La Fondation Spes, Made in Leuze et Wavenet S.P.R.L
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